Compte rendu de fin d’étude présenté le 12 décembre 2025 ORNANS
transmis par Jean-Pierre Hérold, biologiste
Cette étude devait préciser l’impact des activités humaines sur les transferts d’eau et de nutriments dans les bassins karstiques du massif du Jura.
Elle a été réalisée par une équipe d’une vingtaine de scientifiques (agronomes, hydrogéologues, géochimistes et techniciens )sur 6 ans.
Le financement d’1,3 million d’euros a été assuré à 50% par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Le reste du financement est apporté grâce à la participation financière des partenaires (BRGM et Chambre d’agriculture Doubs – Territoire de Belfort).
Synthèse publique par M. CHARLIER hydrogéologue du BRGM de Montpellier et Didier TOURENNES de la chambre d’agriculture 25-90.
1/ Situation agricole
- 10% en cultures et 10% en prairies temporaires sur le territoire d’étude.
- La production de lait a fortement augmenté avant 1980.
- Elle s’est stabilisée de 1980 à 2010 avec les quotas , ainsi que le nombre de bovins.
- Elle a réaugmentée depuis 15 ans , mais pas du tout autant qu’avant 1980.
- Pour les apports d’engrais , l’azote a été divisé par 3.
- Le phosphore a été divisé par 7 , la potasse par 5.
- 63% des effluents sont liquides.
- La moitié viennent des purins des systèmes « fumier ».
- L’autre moitié vient des lisiers.
2/ Situation climatique
- Aujourd’hui , on a environ 30 jours supérieurs à 27°.
- On avait 6 jours avant 1985.
- On peut dire qu’on a baissé de 500 mètres d’altitude !
- La température de l’air augmente alors les quantités de pluies sont stables par an.
- Les débits baissent et donc la concentration de pollution augmente.
- On a plus de pluie en hiver et moins en été.
- On a surtout des effets de pics.
- Pour ces pics de plus de 600 mm en hiver, on est passé d’1 année sur 30 avant 1985 à 4 années sur 15.
- D’où les conséquences sur les fosses à lisier non couvertes saturées.
- Pour ces raisons climatiques, on va passer d’une production d’herbe de 6 à 8 tonnes à 4 à 5 tonnes.
- Donc une baisse de production d’herbe de 20 à 30%, et pire sur sol superficiel.
- Après 1 mois de canicule, les stocks d’azote sont augmentés naturellement par le travail des bactéries du sol.
- On passe de 60 kg à 120 kg sans aucun apport extérieur.
3/ Situation des nutriments
- Les nitrates stagnent depuis 2003.
- Il faut arrêter de dire qu’ils augmentent.
- A la source de la LOUE, ils sont à 80% d’origine agricole par infiltration depuis les plateaux.
- Mais à cette même source, le phosphore est à 80% d’origine domestique.
- Il y a un fort impact des sécheresses sur l’augmentation des taux de nitrates par la baisse de production végétale, par l’augmentation de la minéralisation (bactéries du sol), et par les crues de reprise.
- Les prairies temporaires ont des concentrations d’azote plus importantes.
- De même pour le retournement des parcelles.
- Ces retournements doivent être effectués en mai-juin et non à l’automne.
- Cela dit , le retournement des parcelles pour production de céréales est raisonnablement souhaitable pour l’autonomie alimentaire et pour les systèmes « fumier » concernant la paille.
- Les prairies restent les meilleurs systèmes de production pour retenir les nutriments par le sol (de 95 à 98%).
- La couverture des fosses doit absolument être mise en œuvre du fait des périodes à risques de plus en plus nombreuses.
4/ Situation des transits de nutriments (et d’autres polluants) au niveau des réseaux et des sources karstiques.
- À l’étiage, après des précipitations sur nos rivières karstiques , les eaux qui sortent à la source sont celles du karst profond qui ont au moins 10 ans d’âge.
- Ce ne sont pas les eaux de pluie qui viennent de tomber, contrairement à des idées bien ancrées.
- Par contre, en période de forts débits où tous les étages du karst sont saturés le rapport entre eaux de pluie et eaux de la source devient beaucoup plus direct.
- De même, les effets de la pollution domestique sont également plus directs.
Le rapport de 365 pages peut être consulté en cliquant sur le lien suivant :
rapport NUTRI-Karst
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