La jussie
Ludwigia grandifolia
Même dans le désert il y a parfois des choses à voir et, dans ce qu’on voit, le plus beau n’est pas toujours le meilleur
Texte et photos de Paul Millot

Compte-tenu de la canicule et de la sécheresse qui sévissent actuellement, les champignons sont plus que rares dans nos forêts. Ainsi le groupe « Mycologie » de la SHND se retrouve « au chômage ». Pierre Chaillet qui a aussi de grandes connaissances en botanique a proposé au groupe une sortie « Botanique » vers des sites sur lesquels il avait préalablement repéré quelques espèces intéressantes.
Le 10 Aout, rendez-vous est donné à Pagney. Nous nous dirigeons vers la vallée de l’Ognon. Tout parait jaune grisâtre. Même les haies semblent souffrir. Au sol Il n’y a plus d’herbe verte. C’est donc aussi qu’il n’y a plus de fleurs et pas plus d’insectes. Pourtant quelques guêpiers sont là à tournoyer en groupe : Peut -être un indice d’un départ prochain.
Ce jour-là, la canicule ne nous perturbe pas car le soleil est masqué par d’épais nuages qui laisseront même échapper quelques gouttes. On aurait pu les compter ces gouttes tant, aussitôt tombées, elles s’évaporaient en laissant sur les pare-brise et les capots des voitures un dépôt jaune : sable saharien ?
En approchant de la rivière : miracle ; une bande verdâtre apparait comme une oasis. Il y a de la verdure sur un mètre de large le long des berges et sur le bord des étangs, gravières et anciens méandres de l’Ognon : « les mortes ».
Et d’emblée, nous tombons devant une zone de plusieurs mètres carrés, occupant la quasi-totalité d’une « morte » d’un très beau vert, parsemés de belles fleurs jaunes. C’est magnifique. Malheureusement ce tapis vert et jaune appartient à une espèce : Ludwigia grandifolia (Jussie à grandes fleurs) qui est originaire d’Amérique du Sud et qui, après avoir été importée volontairement pour son caractère décoratif est devenue une espèce envahissante préoccupante. Nous croiserons d’ailleurs une entreprise venue spécialement pour en éliminer un maximum. Elle tapisse tellement le sol qu’elle empêche les autres espèces de s’y implanter.
Les autres espèces se retrouvent de façon éparse et l’inule britannique peut être considéré comme rare.
En longeant les berges de ces différents types de points d’eau nous rencontrons quelques dizaines d’espèces dont j’essaie de garder une trace photographique. Certaines, trop petits ou défleuries, ne seront pas « gravées sur la pellicule ». Photographier permet de transmettre et permet, grâce au nom (Merci Pierre), de retrouver facilement des renseignements complémentaires sur internet ou dans nos bibliothèques.
Nous avons aussi croisé quelques arbres dont Pierre nous raconte l’histoire puisqu’un certain nombre ont été replantés – donc, ont été mis là, en dehors de leur aire habituelle. – lors de l’arrêt de l’exploitation des gravières. Peut-être qu’on en reparlera à la suite d’une prochaine canicule ?
Conclusions : Même dans le désert il y a parfois des choses à voir et, dans ce qu’on voit, le plus beau n’est pas toujours le meilleur.





