La photo de la semaine 15 de 2026

Photo 1

Photo 2

Comme nous l’avions dit au sujet de la photo de la semaine 51 de 2025, lorsque les conditions météorologiques ne sont pas favorables à la pousse de champignons « classiques », les mycologues se « rabattent » vers des espèces moins « visibles », moins « nobles » et non comestibles, et donc, moins connues par les promeneurs habitués aux marches en forêt.

Lors des réunions de détermination du vendredi, nous voyons, le plus souvent :

  • Des espèces de taille millimétrique (ou moins) que seul un œil attentif et exercé peut voir.
  • Des « Croutes », champignons « résupinés » dont le carpophore aplati est appliqué à même le substrat, généralement un tronc et, bien que visible, semble faire partie du décor entre écorces, mousses et lichens. On n’imagine pas toujours que cela puisse être des champignons.
  • Des espèces « pilées », champignons sans pied, et avec un chapeau fixé latéralement sur le substrat, comme une langue, un éventail… Il s’agit souvent d’espèces de couleur gris mastic qui paraissent identiques. De ce fait, elles sont souvent délaissées. Pourtant, lorsqu’on prend la peine de les regarder de près, on peut noter rapidement des différences qui permettent d’identifier ces espèces et, pourquoi pas ? de se lancer un peu dans la mycologie.

Sur la photo 1, il y a trois espèces de Trametes, assez fréquentes que l’on peut aisément confondre lorsqu’en en est à quelques mètres mais de plus près et de gauche à droite :
La face supérieure de la première est très velue et logiquement appelée hirsuta (cf photo 2)
La deuxième comporte une « bosse » à la base. C’est la Tramete gibbosa.
La troisième comporte quelques poils mais moins longs et durs que pour hirsuta. Cette espèce pousse préférentiellement sur Bouleau (mais aussi sur d’autres feuillus) : c’est la Tramete betulina .

Toutes ces espèces sont des polyporacées mais sur leur face inférieure, l’aspect est très différent :
Chez hirsuta, les pores sont bien ronds et réguliers. Chez gibbosa, les pores sont très allongés, et encore plus chez betulina ou on croit même y voir des lames.

On pourrait presque s’imaginer assister à une évolution qui ferait passer des champignons à pores aux champignons à lames (ou l’inverse). Cependant les études récentes montrent qu’en fait le caractère « polypore » est survenu plusieurs fois au cours de l’évolution des champignons.

À noter que chez bétulina, l’aspect « polypore » est plus évident chez les jeunes individus.

C’est facile la mycologie, sauf que, de temps à autre, le nom des champignons évolue et qu’actuellement, on ne parle plus de Tramete betulina mais de Lenzites betulinus.

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