La photographie de la semaine 25 de 2026

Paul Millot nous donne la solution du « Mystère » de la photographie de la semaine 24

Certains d’entre nous ont il résolu l’énigme de la photo mystère proposée pour la semaine 24 ?

Il s’agit d’une macrophotographie d’une fleur d’un végétal… un peu particulier. Habituellement ce végétal est peu remarqué. Peu de monde pour le regarder de près et on ne voit généralement pas ses fleurs qui sont tournées vers le sol. L’angle de prise de vue est donc totalement inhabituel, ce qui crée cette impression de « Mystère ».

Pourtant, ce végétal, beaucoup de promeneurs des bois de nos régions l’ont rencontré à l’ombre des conifères à l’occasion de simples balades ou de cueillettes de champignons. A noter que, s’il semble assez fréquent dans nos bois, il est classé comme vulnérable et quasi menacé dans certaines régions. Raison de plus pour le respecter.

Son « petit nom » est : « sucepin » alias Monotrope sucepin ou Monotropa hypopithys.

Ce vocable de suce-pin lui vient du fait que nos anciens avaient depuis longtemps remarqué qu’il semblait vivre aux dépens des pins.

De la famille des Ericacées (comme les rhododendrons, bruyères, airelles myrtilles… ) une famille déjà habituée aux terres froides et pauvres, il va se retrouver sous des forêts denses et obscures.

La lumière, au sol, n’y est plus suffisante pour la photosynthèse. L’évolution va permettre de trouver une astuce : Aller chercher les nutriments manquants (en particulier les sucres) chez ses voisins les arbres, ceci par l’intermédiaire d’un réseau mycélien. Le mycélium serait toujours celui de champignons du genre Tricholoma dont le T. terreum , ce « petit gris » bien connu des cueilleurs et cuisiniers du Haut-Doubs.

Puisqu’il n’y a plus besoin de photosynthèse, cette plante peut arrêter sa fabrication de chlorophylle et les feuilles devenues inutiles resteront atrophiées : Double source d’économie d’énergie. 

Ainsi ce petit végétal bien pâle – puisque sans pigment chlorophyllien – planté comme un bâtonnet, dans la pénombre, en zones souvent bien humides, avec une tige balafrée de petites écailles – feuilles plus ou moins « avortées » – et un « bouquet » qui pend vers cette terre humide dont il est souvent maculé n’a apparemment rien pour plaire. Il parait être une chose insignifiante, inutile, un intrus, un parasite, quasiment un nuisible.

Pour ces raisons, on ne le remarque pas, et, quand on le voit, on ne le regarde pas ou même certains le piétine.

Le simple fait de regarder de près change radicalement notre vision en nous montant des ornementations inattendues et un « bouquet de fleurs » aux couleurs agréables et qui seraient odorantes. Chaque pétale est magnifiquement travaillé, orné, ciselé.    

Le vrai « Mystère » est là : Pourquoi l’évolution qui a tant œuvré à « simplifier » les fonctions et la silhouette du sucepin vient-elle créer, pour ses fleurs, une structure aussi élaborée ? Uniquement pour plaire aux pollinisateurs ?  Ou cette structure a-t-elle une fonction cachée ?

En tout cas, c’est la « découverte » de quelques-uns de ces « Mystères » qui m’incitent à continuer à parcourir la nature et, surtout, m’incite à la regarder de près et même, si possible, de la photographier de très près.

Paul Millot

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