La photographie de la semaine 29 de 2026

Photos et texte : Paul Millot 

L’Apollon
Parnassius apollo 

Voici une vraie photo de la semaine, je veux dire une photo réellement prise cette semaine, précisément le 8 juillet 2026, sur les hauteurs du Mont d’or à quelques mètres de la crête.

Avec un collègue, nous avions décidé d’une sortie nature et la chaleur étouffante en plaine nous a conduit à privilégier les hauteurs où l’air était plus respirable. Même là-haut, la végétation souffre. Les pâtures sont jaunes et sèches, les fleurs ont quasiment disparu, les papillons y sont rares. On croise néanmoins quelques Vanesses aux ailes bien abimées, deux Machaons accrochés au sol car le vent souffle, puis cet Apollon.

Curieusement – ou pas ?- nous retrouvons cet Apollon à quelques mètres seulement de l’endroit où, il y a 4 ans (à 8 jours près), j’avais vu mon premier et dernier papillon de la même espèce. Il fallait de bons yeux pour le voir, car il était sagement posé sur une Scabieuse, rare fleur à être encore colorée. L’Apollon serait attiré par les fleurs violacées (Centaurée, Chardons, Scabieuse…). Un bon moyen pour le repérer ?

L’Apollon, Parnassius apollo, est décrit comme le papillon emblématique des massifs montagneux. C’est, tout à la fois, un des plus grands, des plus beaux et des plus rares et en voie de raréfaction : On le trouve aujourd’hui entre 1000 et 2000 mètres d’altitude. Certains estiment qu’on le trouve actuellement plus haut de 300 mètres qu’il y a seulement 20 ans. Réchauffement climatique, aménagements touristiques des sites, abandon du pâturage dans les estives pourraient le condamner. De plus, les différentes populations en migrant de plus en plus haut sur les massifs, s’éloignent de plus en plus les unes des autres ce qui peut conduire à un appauvrissement génétique et donc, probablement, a une diminution de leur capacité d’adaptation à leurs futures conditions de vie. Rien qu’en France, de nombreuses sous espèces sont décrites et seraient spécifiques du massif sur lequel elles vivent. Notre sous espèce, celle du Jura (et probablement des Vosges) est différente des quelques sous espèces des Alpes à celles des Pyrénées ou du Massif central. Certaines sous espèces décrites sont déjà disparues (en Alsace, Massif central…)

« Notre » sous espèce est : Parnassius apollo nivatus Frushtorfer, 1906 .

Lorsqu’il vole, lentement, avec des battements de grande amplitude, on voit un grand papillon blanc que l’on peut repérer de loin. Il faut qu’il se pose pour qu’on puisse voir, d’abord ses ocelles rouges caractéristiques et les taches noires du bord antérieur des ailes. Il ne reste plus qu’à l’admirer, car, au sol, c’est un « placide » qui va longuement butiner le nectar qui lui est proposé. L’admirer et essayer d’en faire des photos – ce qui n’était pas évident ce jour-là, car le vent le faisait balancer sur sa tige : Pas facile ni pour le cadrage ni pour la mise au point. Probablement à cause du vent, il n’a pas pu, ou pas voulu ? nous montrer la face inférieure de ses ailes qui porte aussi des ocelles rouge orangé. Celles-ci apparaissent, par transparence, sur la dernière photo malheureusement un peu floue.

Encore un moment d’émerveillement dans la nature que je tente de partager avec ces photos.

Paul Millot

 

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