La photo de la semaine 23 de 2026

Vulcano et Stromboli

Texte et photos : Jacques Mudry

 En Europe, deux régions principales sont connues pour leur activité volcanique : l’Islande, située sur la dorsale médio-atlantique, qui comporte 130 volcans actifs ou actuellement endormis. L’autre secteur sismique et volcanique est lié à la subduction de la plaque africaine sous la plaque eurasienne dans le Sud de l’Italie. Les principaux volcans à activité récente sont le Vésuve près de Naples, l’Etna à l’est de la Sicile, les Îles éoliennes (Vulcano, Photo 1, Stromboli, Photo 2) au nord-est de la Sicile.

Le frottement des deux plaques produit des séismes comme celui ressenti le 13 mars 2026 dans les Champs Phlégréens (Pouzzoles) à l’ouest de Naples, dont la magnitude était 4,4. Si le patrimoine bâti de l’est de la Sicile présente une remarquable unité de style baroque, c’est qu’un séisme de magnitude 7,4 a détruit en 1693 la majeure partie des constructions, faisant 60 000 victimes.

Deux volcans des Îles éoliennes ont servi d’archétype pour classer les volcans du monde en fonction de leurs éruptions.
Le type vulcanien est caractérisé par un magma épais qui a du mal à se dégazer, donnant un volcanisme explosif pulvérisant une lave visqueuse. La dernière éruption majeure date de 1888-90. Des blocs de plusieurs tonnes ont été projetés à 1 km du cratère. En 2021, une alerte aux gaz toxiques (CO2, SO2) a nécessité d’évacuation de la population riveraine. Actuellement tranquille, le volcan produit des fumerolles depuis le cratère de la Fossa (Photo 3) jusque dans le village (Photo 4) et sur la plage. Des venues d’eau thermale et des bulles de gaz sortent en mer (Photo 5), et des bains de boue thermale sulfurée sont fréquentés au voisinage d’affleurements de roche volcanique recouverte de soufre.

 Les gaz profonds contiennent du soufre sous plusieurs états géochimiques : dioxyde de soufre (SO2) la forme la plus oxydée (degré d’oxydation : +IV) et sulfure d’hydrogène, forme réduite (degré d’oxydation : -II). Les deux gaz peuvent se combiner dans la réaction de Claus pour donner les dépôts de soufre natif  (degré d’oxydation : 0) à la sortie des fumerolles: 2H2S(gaz) + SO2(gaz) = 2H2O(gaz) + 3S(solide).

L’autre processus est l’oxydation du sulfure d’hydrogène au contact de l’atmosphère oxygénée :  2 H2S(gaz)+O2(gaz)→2 S(solide)+2 H2O(gaz).
Du soufre natif se dépose donc sur les affleurements autour des fumerolles, comme à la solfatare située au bord du cratère Fossa (Photo 6).

Le type strombolien présente une alternance d’explosions modérées projetant des cendres, des lapilli ou des bombes, des fontaines de lave assez fluide, parfois à l’origine de coulées. La couleur du panache issu du cratère renseigne sur l’activité volcanique. Un panache blanc (Photo 7) est composé de vapeur d’eau chargée de gaz soufrés ou carbonés (voir type vulcanien). Un panache noir inclut des particules solides (cendres, lapilli), traduisant une éruption (Photo 8), bien visible après la tombée de la nuit (Photos 9 et 10).

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