La photographie de la semaine 38 de 2026

  Spiranthe d’automne
 Spiranthes spiralis

Photos et texte : Paul Millot

Pour être en accord de date avec la photo de la semaine 37, « rimer » avec elle, voici quelques photos de la  Spiranthe d’automne  (Spiranthes spiralis).
C’est, en effet, la dernière des orchidées sauvages à apparaître dans nos contrées.

Comme le regroupement des hirondelles avant leur départ, comme la pousse des colchiques… l’arrivée des spiralis signe la fin de l’été donc la rentrée en automne, ce qui justifie le nom français. L’origine du nom latin semble couler de source.

Ces photos ont été prises le 14/09/2026 sur des pelouses sèches où, curieusement, en cette année caniculaire et plus qu’aride, elles semblent plus belles, plus fleuries et plus nombreuses que les années précédentes. Comment font-elles pour survivre et se porter aussi bien dans un milieu aussi pauvre et desséché ?

Elles apparaissent en effet sur des pelouses calcaires, un milieu « ouvert », à la terre bien mince où toute autre végétation semble avoir du mal à se développer.

Cette remarquable adaptation à de rudes conditions de survie risque, paradoxalement, d’accélérer son déclin : Ces terres pauvres où elle pousse sont très peu « rentables » économiquement parlant et risquent d’être abandonnées pour la culture et l’élevage. Du fait d’un manque de pâturage, le risque est fort de voir ce milieu se « refermer » par embroussaillement.

Elle a ainsi disparu de Champagne Ardennes et se trouve en danger en Bourgogne, quasi menacée en Franche-Comté.

Si elle est très facile à reconnaitre, la voir est autrement plus ardu car pour cette discrète petite plante – 10 à 25 cm de haut, seule dépasse une hampe assez filiforme et spiralée de couleur vert grisâtre qui est pubescente sur toute sa longueur. De cette hampe émergent des petites fleurs d’environ 5 mm, serrées et implantées sur un seul rang torsadé en spirale plus ou moins lâche. (Photos 2 et 3 : sur la N°2 l’alignement des fleurs est presque rectiligne, sur la N°3 il y a 4 ou 5 tours de spire).

Ces fleurs paraissent blanches mais lorsque l’on peut les observer de près et de face (donc de bas vers le haut) on peut y voir un cœur verdâtre. Sur le labelle le bord antérieur semble constitué de cristaux translucides.  La floraison débute par les fleurs les plus basses et se propage vers le haut. Ainsi, sur la même hampe, il y a, le plus souvent, des fleurs fanées, en bas, et des boutons encore fermés, sur le dessus.

Encore une belle rencontre dans la nature qui peut donner lieu à quelques photos à partager avec les membres de la SHND. 
En espérant que ces membres de la SHND accepteront aussi de partager leur propres photos.              

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